Pour les ceusses qui sont habitués du domaine, ce n’est pas un secret que j’aime lire. J’aime lire, je lis tout ce qui s’écrit et me passe entre les mains. Et s’il y a un lieu de prédilection pour lire n’importe quoi, c’est bien la cabane au fond du jardin du poète. C’est donc dans ces lieux d’aisance, au calme et l’abri des incessantes questions de mes chères têtes blondes que j’entamais la lecture d’un article choisi par hasard dans un magasine qui trainait là depuis mon dernier passage.
Et cet article commençait de la façon suivante : « C’est à moi que revient, cette année, le privilège de remettre, en compagnie de Philippe LABRO, le prestigieux prix SCOPUS de l’université hébraïque de Jérusalem à Beate et Serge KLARSFELD.
La première chose qui vient à l’esprit pour évoquer l’itinéraire des KLARSFELD, c’est leur éminente solitude… ».
Eh bien moi, c’est curieux mais la première, la toute première chose qui me vient à l’esprit, au risque de passer pour l’inculte de chez ignare que je suis, ce serait de préciser ce qu’est le Prix Scorbut là, parce que l’université Hébraïque de Jérusalem même si tu ne connais pas, le libellé est assez clair par contre le Prix Schmoll ben je ne le connais pas.
Sachant que le mont SCOPUS est le lieu sur lequel est érigée l’université et qu’elle fut l’objet, durant la guerre d’indépendance imposée en 48 au jeune état d’Israël, d'une âpre lutte ; il n’est pas compliqué de se faire une idée de ce que ce prix va récompenser.
Puis la deuxième chose qui me vient, serait de préciser ce que les Klarsfeld ont fait avant
d’affirmer qu’ils l’ont fait seuls… Ce qui, soit dit en passant est un abus de langage puisqu’ils étaient deux !!!
Mais passons, la suite de l’article précise, à grand renfort de comparaison avec Claude Lanzmann
et sa « Shoah » ou Raul Hilberg et « Sa destruction des juifs d’Europe », le champ d’action des Klarsfeld. Sans grande surprise, les Klarsfeld ont louablement œuvrés contre
le nazisme et ils l’ont fait « seuls » et selon l’auteur, « donc « contre » ». Ce qui l’amène à la question de savoir
comment l’on fait quand on est seul et que l’on a, comme Lanzmann ou Hilberg, des montagnes à soulever ??
Il se trouve que j’ai bien une idée, il me semble que des gens comme Coluche et ses enfoirés le
font tous les ans depuis vingt ans : C’est avec beaucoup de courage, d’honnêteté et de compassion que l’on déplace des montagnes et que l’on fait reculer le malheur d’hier mais aussi et
surtout celui d’aujourd’hui.
Enfin cela c’est ce que je croyais parce que visiblement dans le monde des Klarlsfeld, Lanzmann et
Consort : eh bien « on ruse » !! Et l’on justifie tous les actes, tous les moyens, kidnapping, mystification au Nom de la mémoire…
C’est je crois à ce moment de la lecture que m’est venu de l’envie de cet article, car s’il n’est absolument pas question
de minimiser l’importance de la lutte contre le nazisme et le racisme en général, j’ai un peu de mal avec ce besoin de récompenser qu’éprouve les institutions … Il me semble curieux de décerner
des prix a des personnalités qui en réponse aux atrocités d’une guerre en déclare une autre. Et pourquoi ? Pour un Droit qu’ils admettent eux-mêmes ne pas aimer !! Au nom de quoi, de
quelle vertu extraordinaire peut-on agir avec la même moralité que nos bourreaux !
Alors, oui je fais parti de ces jeunes cons qui n’ont pas vécu la guerre et grand bien m’en fasse… Et non, un camp de concentration je ne saurai jamais qu’à travers mes livres d’histoire ce que c’était. Mais aujourd’hui, mes potes s’appellent David, Moshé, Mouloud, Mohamed, Marie ou Joseph, ils sont Israéliens, Marocains, Français ou Allemand mais en aucun cas ils ne sont juifs, musulmans, catholiques ou protestants… Et même s’il faut être vigilant ce combat là il est d’un autre siècle et surtout il n’utilise pas les bonnes armes…
Et pour conclure, j’aimerai que BHL, puisqu’il est l’auteur du texte qui a générer celui-ci, et ces amis de tous bords nous parles moins des bombes du défilé PRADA parce que Mannequin anorexique ce n’est pas un fléau quand la moitié de l’Afrique crève de faim et qu’ici les gens meurent de froid au coin de ta rue.
J’aimerai simplement que le bon sens, la décence et la pudeur reprennent un peu leurs droits !!!
Vos Zavis