J’ai découvert, il y a peu un atelier d’écriture et de jeux littéraires, qui mêle les mots et les images pour nous conduire à l’extériorisation des mythes, légendes ou histoires qui sommeillent en nous. Il y a trois jeux différents pour laisser libre cours à notre imaginaire, c’est somptueux. Essayez ! C’est surprenant !
Je vous livre tel quel le résultat de l’expérience d’une soirée.
Le pêcheur enchaîné
Inspiré par « Le docteur FAUSTUS » de Rembrandt.
Je n'ai jamais été habité par l'Eden. Ni de près ni de loin, ni sur terre ni en tendance, et pourtant le soleil éclatant se reflétant sur ce bijou, ressemblait à un rêve éveillé; Fasciné, je ne voyais que l'inscription gravée dans le cercle central de ce médaillon en fer blanc. Il était consacré et j'étais ensorcelé.
L'alchimiste malin et facétieux que je me targuais d'être, était réduit au silence. Je connaissais le latin pourtant, j'en étais même un excellent lecteur et pourtant en dehors du monogramme, connu du monde entier, inscrit dans la lune centrale de cet insigne, il m'était impossible d'en déchiffrer la couronne. Pourtant le grimoire était positivement affirmatif, il s'agissait de l'anagramme d'une prière, mais laquelle ? J'avais beau fouiller ma mémoire, la signification de ce médaillon restait insaisissable.
Dans la tour noir et sombre, au centre de ce château médiéval, le génie des lieux que j'étais, ressassais son échec. Et pas question de faire un appel à témoin, je ne pouvais pas faire savoir au monde de la philosophie hermétique, que j'étais dans l'incapacité de déchiffrer cette foutue inscription !! Et pourtant deux, trois ou quatre cerveaux érudits en serait peut être venus à bout. Mais non ! c'était au dessus de mes forces : Être ou paraître, cela a toujours été ma grande faiblesse, mon péché d'orgueil.
Ma silhouette errante, allait du laboratoire à la bibliothèque, de la bibliothèque au laboratoire dans un cercle infernal qui me rendait fou. De temps à autre, un manuscrit ancien au titre évocateur m'emmenait dans une évasion propice aux égarements les plus fous, à d'autres moments la contemplation de ce bijou me plongeait dans un accablement et une mélancolie profonde, inquiétante pour tous ceux qui avait le bonheur de me côtoyer.
Bien heureusement grâce à mon goût de la solitude, ces derniers n'étaient pas si nombreux : un rat ou deux, quelques araignées qui font de mon repère un lieux d'espoir autant que de chagrin, et un squelette dont la conversation ne me torture pas les tympans !
J'ai besoin de silence, il me faut toute ma concentration pour débroussailler ce mystère. L'ivresse qui me prend, à chacun des regards que je jettes à ce foutu disque de métal, ressemble à une vengeance. Je n'ai jamais été féru de religion et voila que ce médaillon qui sans aucun doute possible a appartenu à Jésus le Nazaréen, roi des Juifs, me résiste et c'est sa volonté.
Même si j'écumes, même si c'est dans la douleur, je dois l'avouer ce palet de métal gris me rend la monnaie de ma pièce et m'enferme dans ma folie... Jusqu’ou faudra-t-il que j’ailles pour percer son secret !!
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